Jésus, à travers les yeux d'un aveugle

JesusQueLaLumiereSoitRaconter Jésus, tout le monde - ou presque - peut le faire. Mais trouver un angle de lecture original qui puisse être un stimulant aussi bien pour les grenouilles de bénitier, ceux qui connaissent leur Évangile sur le bout des doigts, que pour les plus ignorants, cela est un défi d'une toute autre nature. Et il est pleinement réussi avec la publication de la bande dessinée Jésus : Que la lumière soit!

Brunor (uniquement comme scénariste, cette fois-ci) et Cellier (illustrations) ont uni leurs talents pour proposer une histoire entièrement vue/perçue à travers une figure biblique sans nom mais bien connue : l'aveugle de naissance (celui que nous rencontrons en Jean 9). L'alliage entre la fidélité aux passages bibliques et la nécessité narrative, pratique, de romancer le récit fonctionne à merveille.

Extrait BD aveugledenaissanceLe dessinateur Jean-François Cellier recourt à la technique du lavis pour toutes les pages où l'aveugle n'a pas encore recouvert la vue et suscite ainsi une atmosphère spécifique.Toute la narration est centrée autour de la figure de l'aveugle de naissance, et le dessin, somptueux à chaque page, fait ressentir clairement au lecteur la perception et les émotions de ce personnage, notamment lorsque ses yeux s'ouvrent enfin au monde, à la piscine de Siloé.

Brunor connaît bien la Bible et cela se ressent clairement ; au fil des pages, de nombreuses allusions à des passages de l'Ancien et du Nouveau Testament donnent une certaine profondeur au propos et montrent que la présence et les actes de Jésus ne peuvent pas se comprendre sans une relecture attentive de ces textes bibliques.

Cette bande dessinée, qui renouvelle notre regard sur le maître de Nazareth, est dès à présent à votre disposition au CIDOC.

Robin Masur, Chef de service du CIDOC

P.S. : Et, à noter encore, que Brunor et Cellier avaient déjà collaboré, il y a deux ans, pour la publication d'une bande dessinée, également disponible au CIDOC, autour de la figure de Marie, la mère du Christ, dans un autre format, plus petit et probablement moins abouti que celle que nous venons de présenter. Nous pouvons donc toujours espérer : jamais deux sans trois?